A cette phrase finale de la Générale Marchal, "Vous ne pouvez pas comprendre", il convient sans doute d'apporter aujourd'hui quelques commentaires, de bien établir ce qui peut être compris et sans doute ce qui ne le sera qu'au travers de filtres et de prismes qui nous sont apportés par les époques changeantes dans lesquelles nous vivons.
Ce n'est pas notre objectif que de comprendre en se mettant en situation, bien que des reproductions historiques de scènes de batailles sont aujourd'hui faites pour des batailles napoléoniennes, par exemple. Le temps n'est pas venu de la reconstitution de batailles dans la boue de l'Argonne.
Enfin, une reconstitution n'est pas la réalité.
Alors, il reste l'imagination, qui part des écrits les plus exacts possibles, et les écrits du Général Rouyer sont remarquablement élaborés. Ils datent de 1973, pour l'extrait qui est ici scanné. Nous pouvons toujours rajouter des détails, ajouter des photographies par exemple, des explications complémentaires, mais aujourd'hui, cela devrait suffire. Il convient de faire un travail d'appropriation, d'aller sur le terrain, avec les cartes en main, de prendre la mesure du brouillard et de l'humidité de cette forêt de l'Argonne.
Le capitaine Marchal est fait prisonnier le 23 juin 1915, le capitaine Jean Journès meurt le 6 octobre 1915 dans la zone de Perthes les Hurlus (Marne), et le sous-lieutenant Louis Benoit meurt le 15 septembre 1914 à SERVON LA CHALADE, dans l'ARGONNE. Il y a durant ces deux années un consentement à la guerre et à ses risques inhérents, de la même manière qu'un jeune homme converti à l'Islam va aujourd'hui se battre. Simplement aujourd'hui, il n'y a pas de consentement global en Belgique à ce qu'un jeune Belge francophone issu de l'immigration maghrebine ou un jeune belge "de souche" s'il est permis de parler ainsi aille se faire tuer à 18 ans quelque part du côté d'Alep en Syrie. Les seules guerres qui impliquent des européens, sont des opérations de maintien de la paix, d'interposition entre ethnies rivales en RCA ou bien répondre à l'invasion du Mali par des groupes inspirés d'AQMI.
Ces guerres ne nous concernent guère, désormais. Elle impliquent des professionnels, qui connaissent les risques du métier, mais même avec des professionnels, la population civile ne tolèrerait guère que les pertes humaines soient importantes. Que des jeunes français, ou des soldats de la Légion Etrangère puissent mourir dans des opérations extérieures de maintien de la paix, ceci est de moins en moins admis.
Alors, les immenses pertes en vie humaines dans les combats de l'Argonne et ailleurs sur la ligne de front de ce mois de septembre 1914 sont désormais complètement en dehors de notre monde.
Et aujourd'hui, par exemple, j'envoie un chèque de 500 euros au trésorier allemand Hans Georg du LIONS CLUB PARIS SAINT GEORGES pour faire face aux premières dépenses de ce club que nous allons construire tous ensemble, un petit groupe...mais dans un objectif de rendre service à un autre et sur une base consensuelle.
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