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ENCADREMENT DU BATAILLON LE 2 AOUT 1914
État-major
Chef de Bataillon GIRARD
Commandant
+
Lieutenant LINEL
Officier adjoint
+
-
CUNY
Officier de détails.
- VOGEL
Officier d'approvisionnement.
-
TOURRET
Commandant la section de mitrailleuses
Médecin-major ARNOULD
Méd. aide-major D'HALLUIN
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1ere
compagnie
Capitaine
VITAL
+
Sous-lieutenant EVRARD
- CHRETIEN
+
- FRAENCKEL
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2e
compagnie
+
Capitaine PERROT
+
Sous-lieutenant BONNEF
- HÉMART
+
- PAGNIEZ
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3ème
compagnie
Capitaine
VOGIN
Sous-lieutenant
LEROY
+
- SUEUR
+
- BENOIT
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4e
compagnie
+
Capitaine DE MAISMONT
Sous-lieutenant
BLAIZOT
+
- ROBERT
+
- LEFEBVRE
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5e
compagnie
Capitaine
LAMBERT
Lieutenant
DUPRET
+
Sous-lieutenant GENNEVOIS
- PALMADE
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6ème
compagnie
Capitaine
LIBAUD
Sous-lieutenant
PRUVOST
+
- RENARD
+
- JONGLEUX
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LA COUVERTURE
(31
juillet-17 août 1914.)
La tension
politique qui occupe les derniers jours de juillet 1914 ne laisse aucun doute
sur l'issue des négociations entreprises pour empêcher la guerre. Derrière
les exigences de l'Autriche, on devine les appétits allemands. Après Tanger,
après Casablanca et après Agadir, le Kaiser a enfin trouvé le prétexte qu'il
cherchait. Les plus incrédules commencent à comprendre pourquoi l'Allemagne a
augmenté son programme militaire en 1912. Il y a de la poudre dans l'air.
Cependant tout le monde est calme; à cette approche de l'heure décisive,
l'âme de la Patrie passe dans tous les coeurs. Ce n'est pas en vain que le
soldat français a été proclamé le plus brave du monde, et chez les plus
humbles comme chez les plus ignorants dix siècles de gloire montent au cerveau
comme une ivresse. « Si les Allemands veulent la guerre, ils l'auront. » La
Russie, du reste, est avec nous, et l'Angleterre ne va-t-elle pas se déclarer
contre l'Allemagne ?
Le 31
juillet, à 4 heures, l'alerte de guerre sonne à Longuyon. Rapidement chacun
se prépare et, pendant trois heures, le quartier, comme une vaste ruche,
donne le spectacle d'une activité prodigieuse et ordonnée. Puis le calme
s'établit. Les compagnies dans leur rue sont rassemblées, les capitaines aux
têtes des bâtiments. A 7h30, la masse bleu sombre s'ébranle vers Arrancy et
vers Spincourt. Au deuxième coude de la route, des têtes se retournent.
Quels sont ceux qui reverront ces bâtiments où l'on a vécu paisiblement
attendant « la classe » et insouciant du lendemain. C'est la lutte maintenant
où le plus fort, le plus prêt, le plus volontaire l'emporte. Ce sera dur,
mais la guerre sera courte : tout le monde en est persuadé.
Le
sacrifice est consenti allégrement. On fera son devoir. Mieux encore : on
sera vainqueur.
Le
Bataillon se déroule maintenant entre les moissons par cette chaude journée
de juillet. La fièvre des préparatifs étant tombée, chacun pense à ce que va
être le choc. Les officiers, les gradés regardent au loin, cherchant sur les
crêtes des silhouettes de cavaliers, les Feldgrau d'outre-frontière.
On est
bientôt sur les emplacements de couverture : à Avillers, le groupement
LAMBERT (2e, 5e) donne la main au 8e
Bataillon de chasseurs qui a quitté Etain le matin même, - à Saint-Pierrevillers,
le groupement LIBAUD (ler, 6e) voisine avec le 9e
Bataillon de chasseurs qui couvre Longuyon, à cheval sur la Chiers. A
Spincourt, les deux compagnies disponibles avec la section de mitrailleuses
restent auprès du Commandant GIRARD. On les connaît bien ces emplacements sur
lesquels maints exercices se sont déroulés. Ce sont maintenant des «
manoeuvres avec feux réels » que l'on est destiné à faire et, à cette pensée,
un petit frisson parcourt ceux qui réfléchissent - tous à cette heure
solennelle. Peur ? Non, mais curiosité. Quelle impression fera la première
balle ?... et le premier obus ?...
Les
événements se précipitent : le 1er août, parvient l'ordre de
mobilisation générale, le 4, on est avisé que les relations diplomatiques
sont rompues. Aucun journal n'arrive plus. Des renseignements circulent...
Cette fois, c'est la guerre !
On ne voit
du reste aucun ennemi. Au loin, nos patrouilles de cavalerie prennent le
contact à Fillières, à Mairy, à Joppecourt, à Bazailles. Des masses de
cavalerie ennemie ont été vues; leurs escadrons de couverture s'approchent
peu à peu, le 6, le 7. Nos patrouilles ou reconnaissances les dispersent à
Avillers (patrouille SOURISSEAU), à la Haute-Borne (reconnaissance RENARD).
Le 8,
l'ennemi attaque. Toute une division de cavalerie, appuyée par du canon et
deux bataillons d'infanterie environ, pousse de l'avant. Après avoir contenu
l'adversaire par ses feux, le 18e, conformément aux ordres reçus,
se replie par échelons, et gagne Mangiennes. Il vient en réserve à Peuvillers,
où est le Q. G. de la Division. En avant, le 91e d'infanterie
continue la mission de couverture, pendant que s'achève notre concentration.
L'effort
du Bataillon est signalé dans l'ordre n°2 de la 4e Division en
date du 8 août :
Depuis
plus d'une semaine, les 9e et 18e B. C. P. sont
continuellement en alerte, de jour comme de nuit, au contact immédiat de
l'ennemi. Aucune des patrouilles de cavalerie allemande ne les a approchés
sans recevoir une leçon; un certain nombre de cavaliers ennemis ont été ou
tués ou blessés, dont au moins un officier; plusieurs ont été faits prisonniers
et les chasseurs ont montré un entrain et un allant dont le général de
division est très fier et dont il tient à les remercier de suite. Il leur
envoie toutes ses félicitations.
Signé : Général RABIER
Un combat
a lieu le 10 à Mangiennes et à Pillon. Les échos en viennent jusqu'à
Peuvillers, où chacun attend, anxieux, le résultat. Des bruits courent : les
Allemands seraient battus, repoussés - on voudrait bien y croire, ce serait
naturel d'ailleurs - mais déjà tant de bruits ont circulé !.. Tout à
coup, des artilleurs traînant des canons allemands - les premiers -
traversent le village, des mitrailleuses suivent. C'est la joie, le sourire
sur tous les visages. Le général CORDONNIER apparaît : « Venez, mes
chasseurs, que je vous raconte ce qui s'est passé hier. » On accourt, on
entoure le général. Allons, la guerre sera bientôt terminée... D'ailleurs on
va attaquer.
L'OFFENSIVE DE BELGIQUE
(18 au 22
août 1914)
Le 18
août, la marche en avant commence. Une première étape conduit le 18e
à Othe. Le 21 août, la frontière est franchie, et le Bataillon entre en
Belgique, couche à Sommethomme d'où il repart le matin du 22 pour attaquer
l'ennemi.
C'est à
Bellefontaine qu'a lieu le premier choc pendant que ce village, pris par le
120ème d'infanterie, devient le centre d'un combat d'une extrême
violence, le Bataillon, à la droite de la D. I., contient, en avant de La
Hage, les mouvements débordants de l'ennemi, qu'il parvient iuêmo à rejeter
par une contre-attaque à laquelle prennent part les 2e, 3e
et 4e compagnies, ainsi que la section de mitrailleuses. Le champ
de bataille nous reste. Dans les maisons de Bellefontaine s'installe le gros
du Bataillon cependant que des unités au bivouac couvrent le P. C. de la
Division à La Hage. Première victoire, chèrement payée sans doute, mais
l'ennemi a reculé. Et l'on se félicite et l'on escompte des lendemains
glorieux.
Mais les
renseignements venus des voisins sont mauvais. Si le combat de Bellefontaine
a eu une issue heureuse, sur presque tous les autres points où se sont
choquées les deux armées, nos troupes ont dû se replier. Et la Division
évacue à son tour dans la nuit le terrain si péniblement acquis pour gagner
Gérouville. Au jour, les derniers éléments du Bataillon se replient, ramenant
avec eux les débris de la 1re Division coloniale rompue à
Rossignol. On apprendra plus tard que l'ensemble des actions livrées ce
jour-1àî porte le nom de Bataille de Charleroi et que cette
bataille marqua le terme de notre offensive en Belgique. Pour la 4ème
Division, le 22 août est et restera toujours l'anniversaire du combat
victorieux de Bellefontaine, consacré par l'ordre général n° 9 du 2e
corps d'armée :
La 4e
D. I. et le 19e Régiment de Chasseurs, après avoir supporté, les
jours précédents, des fatigues exceptionnelles, sont arrivés, le 22 août dans
la matinée, à Bellefontaine, un combat violent s'est aussitôt engagé.
Entendant
la canonnade derrière elle, sans nouvelles du reste du 2e C.A.
engagé lui-même à Villers-la-Loue, supportant sans faiblir de grandes pertes,
mais en infligeant de plus grandes encore à l'ennemi, ces troupes, après
avoir lutté pendant neuf heures, sont restées à la nuit maîtresses de
Bellefontaine, ce qui leur a permis de se dégager, malgré la supériorité de
l'adversaire, sans perdre un canon, ni une voiture, et de venir rejoindre la
3e D. I. qui avait elle-même soutenu un brillant combat à
Villers-la-Loue.
Le général
commandant le 2e C. A. félicite le général commandant la 4e
division et les troupes sous ses ordres des qualités de courage et de ténacité
dont tous ont fait preuve et qui sont le gage de prochains succès.
Signé : GÉRARD.
LA RETRAITE DE BELGIQUE
(23 août-4
septembre 1914)
A partir
du 23 août, commence le grand mouvement de repli qui doit nous conduire à la
Marne. Moins vivement pressée que le reste de l'armée française, la IVe armée
recule lentement, contenant l'ennemi, reprenant parfois l'offensive, en
belle ordonnance toujours, manoeuvrant et ne laissant en arrière ni troupes
ni matériel.
A Avioth, où le Bataillon se trouve le 25, un coup
de fusil heureux de l'excellent tireur qu'est le sous-lieutenant BENOIT,
nous met en possession, en abattant l'officier d'état-major qui les portait,
de documents de la plus haute importance, concernant les mouvements de deux
corps d'armée allemands. Renseignés à temps, les éléments d'arrière-garde
peuvent se dérober à l'étreinte des forces ennemies et se diriger vers la
Meuse. Le Bataillon la franchit à Stenay (son ancienne garnison) dans la nuit
du 25 au 26, prend part les 27 et 28, dans les bois du Dieulet et du Jaulnay,
à une contre-attaque qui rejette les Allemands sur la rive droite de la
rivière, mais, une fois encore, les insuccès des troupes voisines obligent la
Division à une retraite qu'elle exécute à contrecœur.
De Verpel
et d'Imécourt où le Bataillon stationne, le 30 août, il se reporte en avant
sur Authe où un nouveau combat est livré le 31 : simple coup d'arrêt
pour les troupes allemandes. C'est la dernière des contre-attaques de la IVe
armée. Rapidement, la Division se dérobe par le défilé de Grand-Pré et la
lisière ouest de l'Argonne pour ne s'arrêter que sur la Saulx le 5 septembre.
C'est la
Bataille de la Marne.
Le Commandant
GIRARD, qui avait conduit le Bataillon sur les premiers champs de bataille,
vient d'être nommé lieutenant-colonel et prend le commandement du 120e
d'infanterie. Il fait ses adieux au Bataillon, à Chevières, le ler
septembre. Le Chef de Bataillon BRION, du 147e d'infanterie,
reçoit le commandement du 18e Batailllon de Chasseurs.
LA BATAILLE DE LA MARNE
ET LA RETRAITE ALLEMANDE
(5
septembre-18 septembre 1914)
« Au
moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de
rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière ; tous les
efforts doivent être employés à attaquer et refouler l'ennemi. Une troupe qui
ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se
faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles,
aucune défaillance ne peut être tolérée. »
6
septembre 1914
Général
JOFFRE
La
retraite avait été lugubre. Nulle part on n'avait senti de supériorité chez
l'adversaire et. cependant on reculait ! Jusqu'où irait-on ? Allait-on
abandonner ainsi la moitié de la France à l'ennemi ? Pourquoi ne se
battait-on pas ?
Le 5 soir,
la nouvelle circula rapidement : « On fait tête. » Le lendemain, la
bataille commençait. Posté le long de la Saulx, de Pargny à Sermaize, le
Bataillon dispute pendant deux jours les passages de la rivière et du canal
aux troupes du XVIIIe Corps de Réserve allemand.
On se bat
au pont du canal, à la ferme Ajol, à la Tuilerie de Pargny. Le capitaine DE
MAISMONT est tué, au passage à niveau de la voie ferrée. Attaqué
vigoureusement de front, débordé sur ses ailes, le Bataillon abandonne, le 7
au soir, la ligne de la Saulx pour se reporter sur le front Maurupt-Cheminon
où, pendant deux autres journées, se livrent des combats sous bois. Le 10, au
petit jour, l'ennemi tente un suprême effort. Il lance sur Maurupt cinq
régiments d'infanterie, réussit à enfoncer la garnison du village dont il est
maître un instant, mais il est aussitôt contre-attaqué et la journée se passe
en une série d'actions extrêmement violentes qui ont pour résultat d'arracher
à l'adversaire les restes fumants de Maurupt et de le rejeter dans le bois.
Le 18e y prend une part glorieuse ; à la fin de la journée,
beaucoup des siens sont restés sur le champ de bataille qui demeure, de
l'avis de tous, l'un des plus impressionnants de la guerre. Là sont tombés le
capitaine PERROT, le capitaine CARRIN, le lieutenant LINEL, les
sous-lieutenants PAGNIEZ, LEFEBVRE et SUEUR ; le lieutenant BONNEF et le
sous-lieutenant SOURISSEAU sont grièvement blessés. Près du tiers des unités
qui ont combattu en ce point est mis hors de combat.
Mais grâce
à l'effort fourni, l'adversaire n'a pu enfoncer notre front, et ce village de
Maurupt marque la limite de son avance. Dans la nuit, il se replie ; la
journée du 11 se passe sans qu'il renouvelle ses attaques et, le 12, au
matin, c'est la poursuite qui commence, cependant que dans les rangs circule
l'Ordre du général JOFFRE, le premier Bulletin de Victoire :
La
bataille qui se livre depuis cinq jours, s'achève en une victoire
incontestable. La retraite des Ire, IIe, Ille
armées allemandes s'accentue devant notre centre et à notre gauche. A son
tour la IVe armée ennemie commence à se replier au nord de Vitry
et de Sermaize. Partout l'ennemi laisse sur place de nombreux blessés et des
quantités de munitions. Partout on fait des prisonniers.
En gagnant
du terrain, nos troupes constatent les traces de l'intensité de la lutte et
de l'importance des moyens mis en action par les Allemands pour essayer de
résister à notre élan. La reprise vigoureuse de l'offensive a déterminé le
succès. Tous, officiers, sous-officiers et soldats, avez répondu à mon appel.
Tous vous avez bien mérité de la patrie.
Signé : JOFFRE.
Allégrement,
le Bataillon, avant-garde de la division, se lance à la poursuite de
l'ennemi. Le matériel abandonné témoigne de la hâte de ce dernier à se
dérober. Le 12 au soir, le 18e est à Nettancourt, le 13 à La
Neuville-au-Bois, le 14 à Sainte-Menehould. C'est la route même qu'il avait
suivie, la mort dans l'âme, peu de jours avant. Les rôles sont inversés
maintenant. Devant nous fuit l'adversaire, non sans achever le pillage des
maisons, n'ayant pas toujours le temps de boire toutes les bouteilles qu'il a
fait rassembler. Les habitants nous accueillent avec joie, nous content
leurs angoisses et les mauvais traitements subis. A Sommeilles, encore fumant
au moment où le Bataillon y est arrivé, les destructions sont plus
considérables encore qu'à Sermaize qui se trouvait cependant en pleine
bataille. La rage de l'ennemi s'est donnée là libre cours et, dans une
ivresse de destruction, il n'a pas laissé, dans ce beau village, une seule
maison debout. Sept personnes ont été retrouvées brûlées dans une cave. Et au
spectacle de tant de ruines, la haine de l'envahisseur pénètre profondément
dans le cœur de chacun. Ce n'est plus l'Allemand, ce n'est pas le « Prussien
», comme le nommaient les vieux, ceux de 70, c'est le « Boche », et ce
terme méprisant restera jusqu'au bout son titre, que d'autres dévastations
sauront bientôt consacrer.
Le 15, des
résistances se font sentir : l'ennemi est arrivé sur une ligne organisée. Le
corps d'armée attaque sur deux points Binarville-Servon. Glissant de l'un
vers l'autre, le Bataillon se trouve dans l'après-midi engagé dans l'attaque
du second de ces villages d'où nos premiers éléments d'infanterie viennent
d'être repoussés. Il s'avance jusqu'aux lisières sans pouvoir y pénétrer. Les
attaques reprennent le 16, mais l'ennemi s'est renforcé et, appuyé par une
puissante artillerie lourde, maintient ses positions. Le 17, le combat
continue. Une attaque de nuit est arrêtée à 60 mètres par des feux violents.
Le Bataillon cède la place à d'autres troupes qui ne sont pas plus heureuses.
Là aussi
nos pertes ont été très lourdes : les sous-lieutenants BENOIT, CARUELLE,
GUILLEMONT, les adjudants BRIARE, MAGINOT, plus de 250 sous-officiers et
chasseurs sont tombés dans la prairie qui longe l'Aisne ; de nombreux blessés
ont été dirigés sur le poste de secours de Saint-Thomas.
Jusqu'au
24, les attaques du Corps d'armées se succèdent, mais se heurtent a une
résistance habilement organisée. Nos troupes se terrent ; à leur tour
elles creusent des tranchées profondes, font des boyaux de communication, des
épaulements de pièces ; de part et d'autre, le pelle et la pioche alternent
avec le fusil et le canon. C'est la « guerre des tranchées », dira-t-on
bientôt. C'est la guerre active, farouche, cruelle, dans laquelle chacun
guette son ennemi, dans laquelle on fait peu de quartier. C'est la
guerre qui durera des années, et pendant cette période « d'usure » les deux
peuples mettront tout en œuvre pour vaincre : énergie et dévouement de la
race, ressources du sol ou de l'industrie, alliances ; ils se replieront sur
eux-mêmes, augmentant leur production, jusqu'au moment où, armés jusqu'aux
dents, ils se jetteront l'un sur l'autre dans une gigantesque
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